Lumière #Fragments


Cher Vé,


Il m’est difficile de trouver les mots pour te raconter les jours ici, moi qui suis habituellement si volubile. Je pense à toi souvent sur ce sol qui n’est pas le nôtre et que je foule pour la première fois sans tes pas pour rythmer les miens. Je prends des dizaines de photos de rues, de façades et d’habitants que je ne saurais te resituer à mon retour, mais je gage me souvenir à la perfection de cette lumière fameuse qui entre par les baies vitrées de la boulangerie dans laquelle je me rend chaque matin, pour boire un café très grand et écrire dans le journal offert par Aude, le récit de mes péripéties montréalaises.


Cher Vé, c’est comme un tremblement qui envahit chaque partie de mon corps. Erika, Guillaume et Victor me parlent de méditation, moi j’arpente les allées du marché Jean Talon et les rues de Montréal en laissant les pensées me traverser sans m’envahir, le pied léger, l’esprit heureux. C’est fabuleux comme, vue de loin, avec une autre perspective, l’existence paraît différente et bien plus aisée à parcourir, je l’espère toujours en sautillant — comme on me l’a tendrement fait remarquer un jour.


Cher Vé, après cette introduction brève mais insatisfaisante, je choisis de ne pas te dépeindre mon séjour ici, incapable d’être exhaustive ou juste, incapable de décider quoi dire, paralysée par l’intense nécessité de me centrer sur moi et sur combien me nourrit et me change ce voyage. Nos errances se traverseront encore, j’en suis sûre. J’aime ton regard toujours à proximité de mon corps mouvementé et je sais la réciproque vraie. Pour l’heure, c’est avec moi-même que je veux être, et je me réjouis de lire que tu refais la route de notre histoire en y posant une trace qui n’appartient qu’à toi.


Oh, Vé, je rentrerai grandie et avec l’envie de donner, dans le précaire équilibre qu’est notre vie, un grand coup de pied pour tout changer. Je le sais, je le sens et d’une certaine façon, cela me réjouit. Prépare toi à affronter la tempête, mon amour, une grande bourrasque faite de rêves, de brisures et de joie. Puisse le vent continuer de nous pousser dans le dos, au coude à coude, lorsqu’il s’agira de rebâtir.


Vé chéri, je te souhaite, depuis ces terres du nord de l’amérique où j’apprends, par bribes, à me connaître, que tu saches aussi la joie de ces fulgurances, de ces évolutions, des évidences qui nous saisissent parfois. Par dessus tout, je fais un voeu d’espoir, pour des existences qui s’embraseraient ensemble.


Je t’aime,


Je t’embrasse,


Marie

dimanche 15 avril 2018 , par Marie

Un petit mot ?

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.